Adieu Cherubin Okende. Dans l’agitation, la confusion et l’exclusion entretenues, la RDC se souviendra de toi

(Feu le député national Cherubin Okende alors ministre des Transports. Photo tiers)

Le député national Cherubin Okende a été conduit en sa dernière demeure mercredi 20 mars 2024. Sa mort comme son enterrement a fait couler larmes et salives, encre et sueur au point de désacraliser totalement la justice congolaise. Les organisateurs des funérailles lui ont même refusé les hommages à l’assemblée nationale. Sans son consentement. Inimaginable !

Hier, l’avocat et le médecin comme l’instituteur et le curé étaient des personnages intouchables. Aujourd’hui, ils sont tous couverts d’opprobre. Les résultats de l’enquête à mi-parcours communiqués par le Parquet général, le suicide hier acte de courage, a provoqué un tollé.

Qu’on n’admette ou non, Cherubin Okende ne sera plus physiquement avec nous. Il est parti. Lors de la messe en la cathédrale Notre Dame du Congo, une chose a étonné, à savoir l’agitation et l’exclusion. L’officiant n’a pas prêché l’amour moins encore le pardon.

Une mort, qu’elle soit paisible ou violente, quelle signification garde-t-elle pour un chrétien ? Pas la vengeance à tout prix mais solliciter le repos éternel auprès du Créateur.

Les réactions à l’annonce des résultats de l’enquête sur cette mort questionnent tous ceux qui ne croient pas au destin, qui ne croient pas à cette prédestination qui veut que chacun meure le jour choisi par Dieu et de la manière que le Tout Puissant l’aura voulu. Car comme avec Jésus Christ, âgé seulement de trente-trois ans, Cherubin Okende ne pouvait pas échapper à son destin. Et ce, quel que soit sa bonne conduite sur terre et les services rendus à son parti politique, à l’Église et à son pays.

Certains ont juré sur sa tombe être engagés à découvrir toute la vérité sur cette mort désolante. Qu’ils remueront ciel et terre pour que les Européens puissent nous révéler toute la vérité, eux qui n’ont jamais élucidé l’assassinat de Lumumba, celle de Kennedy aux États-Unis, celle d’Habyarimana au Rwanda, de Thomas Sankara au Burkina ou plus près de nous, celle de Mzee Laurent-Désiré Kabila. Il faut respecter leur droit.

Faut-il avoir pitié des magistrats ? Entre la pitié, l’opprobre et une prière pour notre justice, que faut-il choisir ?

Je le répète : « Avant, l’avocat et le médecin comme l’instituteur et le curé étaient des personnages intouchables ». Le médecin s’est disputé au prêtre la déclaration de la fin de la vie d’une personne sur terre. L’avocat, le plus contestataire de toutes les professions, s’y est mêlé. L’enseignant clochardisé. Le travail des juges est rendu compliqué aussi par leurs anciens collègues d’université, les avocats.

Dans ma carrière de journaliste qui consiste à ne donner que des faits vérifiés sans injures, j’ai eu à affronter jusqu’à l’humiliation cette justice congolaise une dizaine de fois. En attendant, j’ai pris deux grandes décisions. La première, celle de ne jamais intenter un procès à quelqu’un de mon vivant. La deuxième, celle de ne pas garder rancune contre avocats et magistrats. Ils ne sont pas mauvais en soi sauf quand ils portent l‘habit noir. Chaque jour, je prie le Seigneur pour qu’il en soit ainsi jusqu’à ma mort.

Une étude a montré que les magistrats peuvent être influencés, dans leurs décisions, par des facteurs tels que la fatigue, la faim, l’état émotionnel. L’art de rendre justice reste éminemment humain. Un jugement peut être biaisé par des éléments extérieurs à l’affaire tout comme par cette expression décevante « le doute profite à l’accusé » comme on l’a vu lors du procès de la Cour militaire opérationnelle à Beni concernant le sort des trois prêtres de la paroisse catholique de Mbau. Faut-il envoyer tous les magistrats à la guillotine ? Pas du tout.

Nos magistrats travaillent dans des conditions difficiles. Exemple simple. Ils ne peuvent même pas s’autoriser une collation même pas de l’eau à boire avec des audiences qui peuvent durer plus de 7 heures. Les juges ne sont pas des monstres. Autrement ponce Pilate en sera le plus monstrueux. Ce qu’on leur demande, c’est de rendre des décisions impartiales même tenaillés les tentations dont la faim.

L’Évangile du passé a appelé les pécheurs : les Damnés. L’Évangile du futur nous désigne par : les Pardonnés comme nous pardonnons aussi à ceux que nous avons offensés.

Au magistrat, « si tu dois juger, juge avec équité ». Problème. Qui pour purifier la justice du monde des corrompus et des corrupteurs, des procureurs qui trahissent la vérité ? Si la justice congolaise est malade, toute la société congolaise depuis la famille, en passant par l’Église, toute notre société est malade. Seulement, il existe des malades qui ignorent leur état pathologique.

Dans « Mandola », Simaro Lutumba nous invite à ne compter que sur la justice de Dieu, pas à celle des hommes. Mais faut-il occire les magistrats ? Ils n’iront pas seuls en enfer, croyez-moi.

Cher Cherubin Okende, repose en paix et surtout le Seigneur t’accueille dans son royaume.  

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Nicaise Kibel’Bel Oka

 

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